"la disparition de richard taylor" dans le courrier des lecteurs des "inrockuptibles" n°657 du 1er au 7 juillet 2008 !
Publié le mercredi 2 juillet 2008 à 06:45 par bruno
"la disparition de richard taylor" :

(photographie de john midgley)
d'arnaud cathrine :
(photographie de bruno pour la petite maison jaune)
est présent dans le courrier des lecteurs du magazine "les inrockuptibles" n°657 du 1er au 7 juillet 2008 :

"disparu avec richard taylor"
"si ce n'est pas malheureux de se mettre dans des états pareils" m'affirme le passant qui vient de m'interroger sur la raison de ce débord lacrymal en milieu urbain. ouais, je sais, pauvre vieux, si tu pouvais seulement t'imaginer que toutes ces larmes tombent sur mes pommettes suite à une simple lecture. d'un roman de poche qui plus est. j'étais passé à côté de la sortie grand format, je n'ai pas échappé cette fois, bouleversé, à sa lecture. foutues 215 pages. même pas tombé de ma sacoche, même pas oublié en gare, même pas laissé traîner sur une pile d'autres livres en souffrance. je suis ce genre de garçon à savoir pertinemment ce qui va me faire du mal et y trouver un certain plaisir. "la disparition de richard taylor" d'arnaud cathrine m'a balancé contre les murs, plongé dans mes propres doutes. licitement, j'ai pu dégueuler ouvertement à travers lui toute ma lassitude de la vie et somme toute souscrire à l'idée que je n'étais pas le seul dans cet état de désoeuvrement. certes, ce n'est pas le premier roman qui trace les grandes lignes de mon dessein. sentiment similaire avec ce clown de nick hornby et son "haute fidélité". mais il y a dans la plume de cathrine un plus qui se trouve entre le maussade et l'à quoi bon, et surtout beaucoup moins d'autorisation à rire. si ce ne sont ses personnages qui parlent, c'est donc lui - et fatalement moi. cette polyphonie de femmes évoquant un seul homme. ce vitrail démoli à grands coups de désenchantement. comme un vieux bon radiohead où la guitare furieuse est contrebalancée par la voix mélancolique de thom yorke. pour le coup, je pensais que cathrine parlait de moi, mais je me rends compte en refermant ce bouquin qu'il n'a pas seulement pris une part prépondérante dans mon passé, qu'il n'a pas pioché dans ma petite existence de "creep", mais qu'il a mis dans ces lignes un peu, beaucoup de sang qui coule dans nos veines, à nous tous les enfants du futur.
pierre derensy / lille
Posté dans prénom : arnaud nom : cathrine | 1 commentaire :: une réponse















