florent marchet :

(photographie de charles fréger)
est présent dans le dernier numéro du magazine "les inrockuptibles" (n°637 / du 12 au 18 février 2008) :

(photographie de bruno pour la petite maison jaune)
pour un dossier spécial "mai 68 raconté par ses enfants" !
florent marchet
songwriter, né en 1975
"le président des français (1) a rendu officiel un mouvement en cours"
"l'héritage de 68 a été bouffé, dilapidé. pendant sa campagne, le futur président des français (1) annonçait qu'il voulait "liquider" mai 68. la page était bel et bien en train de se tourner. "le président des français" (1) a décomplexé les derniers remords, rendu officiel un mouvement en cours et libéré ceux qui se retenaient de le verbaliser. et dire que ceux-là même n'étaient peut-être pas tous dans la contre-manisfestation gaulliste. 68 était une chance de partage des richesses, des idées ; l'humanité était au centre de tout, et lorsque qu'un seul être était en souffrance, la collectivité avait mal (désolé, mais j'aime cette utopie). cette vigilance collective au bien-être de chacun, c'est ma vision de l'héritage de 68...aujourd'hui en ruine. pour preuve : la fin du droit de grève. on a rappelé aux gens qu'ils avaient le droit d'être individualistes, qu'ils pouvaient revendiquer le droit de prendre leur métro ou de déposer leur môme à l'école pour aller au travail, comme un bon soldat.
du coup, ceux qui défendent nos acquis, ceux qui tentent des percées collectives voient leur route barrée par ceux-là même qu'ils croyaient défendre. aujourd'hui, mai 68 est présent dans les collectifs associatifs, dans la démarche de certains artistes. pour d'autres, l'héritage de mai 68 c'est surtout : des grands, sales, avec des piercings et des chiens crasseux qui jonglent sur une place publique. un devendra banhart au chômage en somme.
je me considère comme un enfant de mai 68 puisque ma mélancolie vient surtout d'un monde apparemment révolu. un monde que mes parents ont connu, une liberté une idée du partage qu'ils ont voulu me transmettre et qui trouve son barrage dans l'idéologie ultralibérale. heureusement, il y a l'écriture, la création. heureusement, comme à chaque fois que l'oppression monte, il y a des poches de résistance qui se créent, se rapprochent, s'unissent. j'aime cette idée d'être rentré en résistance. il faut sans cesse se battre pour que le pli naturel de l'homme se défroisse.
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"un homme ça s'empêche", écrivait albert camus"
(son roman musical, "frère animal", coécrit avec arnaud cathrine, paraîtra le 6 mars au éditions verticales)
(1) le nom du président des français, présent dans l'article n'est volontairement pas mentionné ici dans la petite maison jaune
j'aime beaucoup le point de vue de florent marchet et comme lui j'aime cette idée d'être rentré en résistance...!