
(photographie : collection privée et familiale de la petite maison jaune)
quand j'étais enfant, j'ai très rapidement été attiré par la culture tzigane ! j'ignore totalement l'origine de cette attirance mais j'étais persuadé que la vie était plus belle et plus intense dans une roulotte :

(photographie de bruno pour la petite maison jaune)
j'ai eu très vite envie de tout savoir sur cette culture. à l'époque internet n'était pas encore là mais le cdi (centre de documentation et d'information) était le lieu rêvé pour un garçon comme moi toujours à l'affût d'informations et de renseignements ! j'ai donc dévoré chaque livre sur le sujet, j'ai photocopié les pages les plus importantes car j'ai toujours eu besoin de "posséder" concrètement les informations et à l'époque je n'avais pas la possibilité d'acheter tous les livres.
puis j'ai créé un dossier "culture tzigane". le dossier au fil des jours a grossi et mon envie de vivre la réalité tzigane aussi.
il y avait une gravière près de chez mes parents, qui était le lieu où les tziganes se réunissaient pour y vivre quelques jours ou quelques semaines. j'étais attiré par ce lieu et j'aimais bien m'y rendre avec ma bicyclette en m'approchant à chaque fois de plus en plus près des caravanes comme attiré par un aimant et je dois l'avouer avec une certaine crainte quand même. et puis un jour j'ai pris dans la solitude de ma chambre, une grande décision : j'allais quitter mes parents le soir même pour vivre avec les gitans qui venaient d'arriver le matin près de la gravière. j'étais persuadé qu'ils allaient m'accueillir les bras ouverts comme un fils, un frère, un neveu...!
j'ai donc préparé une lettre pour mes parents en leur expliquant mon désir vital de vivre comme un tzigane et en leur demandant de ne pas s'inquiéter (!!). j'ai préparé un sac discrètement avec le maximum d'affaires essentielles et mon dossier "culture tzigane", j'ai regonflé mon vélo et j'ai attendu que la nuit arrive...!
mais le matin au réveil, j'étais encore chez mes parents avec ma lettre et mon sac à portée de main. j'ai déchiré la lettre et j'ai éclaté en sanglots en réalisant ma faiblesse !
le temps a passé, mon envie s'est estompée mais désormais quand j'aperçois des caravanes de tziganes :

(photographie : auteur inconnu, provient du film "le temps des gitans)
j'ai un pincement au coeur et je pense au petit garçon qui avait manqué de courage, un soir d'été, il y a bien longtemps à présent !